La Louisiane vient de voir la justice bafouée par une communauté de WASP (White Anglo Saxon Protestant) bien pensante et moralisante.
Jena petite ville de la Louisiane de quelques milliers d'âmes vient de voir se dérouler une affaire sortie tout droit des années peu glorieuses du Klu Klux Klan.
Dans la cour d'une école secondaire, habituée à voir des blancs s'asseoir à l'ombre des branches d'un arbre centenaire, un afro-américain a osé demander si désormais un noir pouvait lui aussi s'y asseoir.
Cette scène ne date pas des années 40 ou 50 mais de l'année dernière. La réponse du collège a été de confirmer qu'il n'y avait aucune raison que ce lieu soit exclusivement blanc.
Cette réponse de l'administration de l'école a été immédiatement suivi de la colère d'une partie de la communauté blanche, attirant la haine et le racisme ordinaire. De jeunes blancs n'ont rien trouvé de mieux que d'accrocher aux branches de l'arbre, le lendemain matin, des cordes.
Bien entendu ce symbole du K.K.K a été vécu par la communauté noire de la petite bourgade comme une réminiscence du passé sudiste haineux et intolérable. Les élèves fautifs sont rapidement démasqués.
Le principal du collège interprète le geste comme une "blague sans importance" et décide avec le conseil d'établissement qu'il est urgent de ne rien décider, même pas l'exclusion temporaire ou définitive. Selon les dirigeant du collège, il s'agirait du blague de potache.
La communauté noire vis l'évènement comme une insulte à son intelligence et réveille dans leur esprit de vieux démons qu'elle croyait appartenir au passé. Le lendemain un groupe de sportif membre de l'équipe de football américain de l'établissement décide de manifester sous l'arbre pour protester du manque de réaction appropriée de l'administration.
Celle-ci commence à comprendre l'erreur de jugement mais persiste dans son attitude et défie les jeunes noirs en leur disant qu'ils feraient mieux de déguerpir sous peine de le regretter amèrement.
La police est appelé dès le lendemain par le collège pour patrouiller et mâter toute manifestation d'opinion sous l'impulsion du procureur blanc du comté qui menace les noirs de représailles terribles. Le journal du coin le Jena Times, calque son article sur la posture de la communauté blanche pour remettre de l'huile sur le feu et désigner l'attitude la communauté noire disproportionnée de la blagounette des braves blancs.
La vie reprend ses droits mais les tensions intercommunautaires sont à leur paroxysme. Les professeurs à majorité blanche furieux de voir des noirs fautifs d'attirer les regards de la presse sur l'évènement décide de défendre les jeunes blancs responsables des actes racistes.
Un incendie éclate quelques jours plus tard et de nombreuses salles de classe sont réduites en cendres. Quelques jours plus tard, un jeune noir qui assistait à une fête se fait rouer de coup par les mêmes jeunes blancs à l'origine des événements. Le jour suivant un jeune blanc ami des blancs à l'origine des évènements, croisant une poignée de jeune noirs, se rue vers sa voiture pour y récupérer une carabine et pointe son arme vers les jeunes noirs. Le blanc est désarmé par ceux-ci, la police intervient pour vol d'arme et voie de fait…
La tension au lycée est alors montée les jours suivants entre les deux communautés. Suit une bagarre sans qu'on sache qui était à l'origine de la rixe. En résulte un jeune blanc au sol. Le procureur de Jena décide d'inculper les jeunes noirs de tentative de meurtre et requiert cent de prison …. Le procureur récidive dans le Jena Times et menace la communauté noire et prévient qu'il demandera l'interprétation la plus dure de la loi pour mater la rébellion noire.
Les jeunes noirs sont immédiatement expulsés de l'école puis inculpés avec une mise en liberté sous caution dont les sommes sont bien trop élevées que les familles issues de milieu modeste, vivants dans des mobile homes ne peuvent assumer.
La justice en juin dernier requiert la prison à vie contre les jeunes pour une bagarre. Ni la contestation d'un jury totalement blanc, ni les circonstances atténuantes du climat de haine installé par les symboles du Klan n'ont été plaidées par l'avocat, inexpérimenté, commis d'office pour défendre le sort des jeunes noirs.
Le procureur propose aux jurés de requalifier les inculpations de tentatives de meurtres à coups et blessures aggravés. Le jury accepte alors que les textes de lois de l'Etat de Louisiane prévoit un minimum de 22 ans pour ce type d'inculpation qui nécessite une arme. Qu'à cela ne tienne, les baskets des jeunes noirs sont qualifiées d'armes.
La justice va devoir trancher prochainement. Le procès parait disproportionné et ne permettra certainement aux jeunes noires de s'en sortir.
Le Jena Times s'en remet aux cieux et conseille à ses lecteurs de se réfugier dans la prière et d'oublier ce fâcheux épisode. Les états du sud n'ont toujours pas tourné le dos à leurs vieux démons...
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